Monia


 
   Pour garder l'anonymat, je l'appellerai ici Monia. Elle avait 18 ans à cette époque, et c'était une de mes premières « blondes ». Pas la toute première, mais la première que j'ai vraiment aimée. Et pourtant... et pourtant j'ai choisi de rompre après six mois de fréquentations.
 
   Monia était la cadette d'une famille nombreuse. Elle était originaire de la Basse-Côte-Nord. Dans son coin de pays, les coutumes sont parfois différentes de chez nous. On pourrait dire respectueusement que ces gens ont tendance à «
 vivre en tribu ». C'est à dire qu'ils partagent à peu près tout. Quand on entre dans une famille de là-bas, il faut s'attendre à se passer parfois de son vélo, de sa tondeuse, et même de sa voiture ! Une cousine peut également arriver chez vous à l'improviste et y rester 3 mois !
 
   J'étais personnellement mal à l'aise avec ce genre de comportement, ça ne cadrait pas avec mes aspirations. D'autant plus que je me rendais bien compte qu'il y avait quelques profiteurs dans la «
 gang ». Monia elle, s'accommodait très bien d'une telle situation. Elle aussi usait de l'hospitalité de ses proches régulièrement. Durant les derniers mois de nos fréquentations, elle demeurait en permanence chez un de ses oncles sans payer pension. Monia trouvait ça parfaitement normal. Sa tante et son oncle aussi d'ailleurs.
 
   Je n'ai surtout jamais tenté de faire changer Monia de façon de vivre, car elle et toute sa famille semblaient parfaitement heureux de vivre ainsi. Visiblement, il n'y avait que moi qui ne «
 fittait pas dans le décor ». Les gens de La Côte sont en général tellement simples et généreux. Peut-être un peu naïfs sur les bords, mais je le répète, ils sont généreux et très accueillants. À un moment donné j'ai compris que je devais me faire une idée, et vite ; soit embarquer dans leur système, ou m'ôter de là tout simplement.
 
   Et j'ai quitté Monia, même si nous nous aimions profondément. Je ne lui ai jamais avoué pourquoi je la quittais. J'ai eu de la peine bien sûr, mais je n'ai jamais regretté ma décision. J'étais conscient que je l'aurais rendu malheureuse avec le temps. Elle était bonne et ne méritait vraiment pas ça. Monia a sûrement déniché un homme qui partageait sa façon de vivre. Pour ma part, je remercie le ciel d'avoir trouvé le courage de me retirer à temps 


André A. Bernier



Page suivante

Page d'accueil


 
 
 



Créer un site
Créer un site